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Le seigneur Abbé de Vesseaux au moyen-âge

12 mars de 13:30 à 18:00

Le prieuré de Vesseaux

Visite assurées par deux guides, donc une participation aux frais sera demandée

 

QU’EST-CE QU’UN PRIEURÉ ?
C’est un monastère le plus souvent subordonné à une abbaye bénédictine plus importante, il est placé sous l’autorité d’un prieur, lui-même dépendant d’un abbé.

 

Dessin du fort prieural au 15e siècle

Dessin du fort prieural au 15e siècle

QU’EST-CE QU’UN PRIEURÉ CASADÉEN ?
Le mot casadéen vient du latin «casa dei» Maison de Dieu. C’est le nom que reçut l’abbaye de La Chaise Dieu en 1052. Il se transformera en Chaise-Dieu «lieu où réside Dieu»
Marie Garnier dans un article de la revue Mémoires d’Ardèche et Temps présent explique pourquoi a été créé au XIe siècle le prieuré casadéen de Vesseaux. Ce prieuré a constitué pendant plusieurs siècles un enjeu politique dans les luttes seigneuriales pour la conquête du pouvoir et des territoires du Vivarais.
Si les moines bénédictins de la Chaise-Dieu, dans les dernières années du XIe siècle, sont venus construire un prieuré à Vesseaux à 148 kilomètres de leur abbaye, c’est à la demande de l’évêque de Viviers qui craignait l’annexion de cette viguerie par le comte de Toulouse. La gestion de ce petit territoire mérite quelques précisions, car très complexe.

 

QU’EST-CE QU’UNE VIGUERIE ?
Il s’agit d’une juridiction administrative médiévale qui tient son nom de vicarius : remplaçant. Le viguier rend la justice au nom du roi ou d’un comte, ici le comte du Vivarais (à l’époque, le Sud du Saint-Empire romain germanique). En fait il s’agissait d’une très petite parcelle, l’essentiel appartenait à l’évêque de Viviers.
Si le pouvoir politique appartenait au viguier, la presque totalité du territoire de la vallée proprement dite de Vesseaux constituait le fief de l’évêque de Viviers. Or, considéré comme un «bien noble» ce territoire était exempt de l’impôt royal dû au viguier. Les paysans dépendaient presqu’en totalité du seigneur-évêque.

Le prieuré de VesseauxLa situation géographique de ce petit territoire est exceptionnelle, au croisement de nombreux chemins, aux portes du Bas Vivarais. Cette situation rendait le fief de Vesseaux très convoité en particulier par le comte de Toulouse qui possédait une parcelle sur la rive droite du ruisseau : le Liopoux. L’évêque de Viviers était trop éloigné pour pouvoir défendre ce territoire. Devant la menace grandissante il attribua son fief de Vesseaux à l’abbaye de la Chaise-Dieu. Il conservait ainsi une part non négligeable des revenus et quelques pouvoirs.

Outre ces considérations politiques, l’évêque comptait sur les bénédictins, considérés comme réformateurs, pour servir d’exemple, pour apporter un nouvel élan religieux aux paroissiens et pour mettre en valeur les terres.
Le prieur hérita des privilèges féodaux de l’évêque : l’exonération de l’impôt royal, la collecte de la «dîme», le droit de ban (posséder un four ou un moulin).
En outre, le prieur était «justicier sur ses terres», c’est-à-dire qu’il va, ainsi que ses successeurs, exercer tous les pouvoirs de justice en lieu et place de l’évêque. Le domaine prieural constituait une juridiction indépendante du pouvoir impérial, c’est-à-dire du viguier et des pouvoirs seigneuriaux voisins. La rétribution financière sur toutes les ventes de biens, les successions, ainsi que les éventuelles amendes lui revenait.
Les paysans en profitèrent largement, ils ne donnaient que 1/16e de leur vin et de leur récolte et non pas 1/10e.
Le prieuré fructifia du XIe au XIIIe siècle Le développement économique et social de la paroisse de Vesseaux et l’aménagement de ce territoire furent remarquables. De cette époque date l’établissement de la vigne sur ce territoire pour alimenter la maison mère de La Chaise-Dieu
Après le rattachement du Vivarais au royaume de France au début du XIVe siècle la paroisse de Vesseaux entra dans le mandement de Boulogne. Le prieur perdit petit-à-petit sa suzeraineté sur ses vassaux et ne garda au fil des années qu’un rôle spirituel, les importants bénéfices fonciers de ce dernier passèrent définitivement aux mains des seigneurs de Boulogne au XVIIe siècle.
En 1688 le dernier prieur de Vesseaux, las des vexations, céda le prieuré pour 4000 florins.

 

Le prieuré de VesseauxLES IMPLANTATIONS MONASTIQUES DE «LA MONTAGNE»
Pierre Court dans une publication de 2011 (colloque de Notre-Dame des-Neiges ) traite de deux implantations bénédictines en Velay :
– celle de Saint-Chaffre-du-Monastier dont dépendait le prieuré de Saint-Julien-du-Serre,
– celle de La Chaise-Dieu dont dépendait le prieuré de Vesseaux.

 

ABBAYE CHAFFRIENNE ET DÉPENDANCES
L’Abbaye de Saint-Chaffre-du-Monastier remonterait au VIIIe siècle mais son expansion vers le Rhône –donc le prieuré de Saint-Julien– remonterait au Xe siècle.
À la fin de ce siècle fut érigée une nouvelle abbatiale par l’abbé Ducran, futur évêque du Puy, dédiée à saint Théofrède et à saint Martin. À l’apogée de cette abbaye, au XIIe siècle, on comptait 200 moines et 60 possessions en Vivarais, dont Saint-Julien-du-Serre.
Les périodes troublées qui suivirent, comme la guerre de Cent Ans, affaiblirent l’abbaye.
Les prieurés chaffriens du Vivarais sont entre autres : Saint-Martin-de-Valamas, Prévenchère, Barnas, Ucel.

 

L’ABBAYE DE LA CHAISE-DIEU
Elle fut fondée en 1050 par un prêtre originaire du Cantal mais ayant séjourné à Cluny : Robert de Turlande. Dès lors, son expansion fut très importante pendant deux siècles.
La congrégation comptait 1700 moines en France en l’an 1260. Les grandes abbayes de Reims, Montauban, Gaillac lui furent rattachées.
Avec la permission du Pape, elle s’implanta en Espagne, en Allemagne et en Italie.
Le prieuré de Vesseaux fut créé par son fondateur au XIe siècle ainsi que 42 autres prieurés dans le Vivarais
Le déclin commença au XIVe siècle avec la guerre de Cent Ans mais les prieurés qui lui étaient rattachés avaient déjà connus des fortunes diverses, pour des raisons politiques (voir Vesseaux).

 

Le prieuré de VesseauxAUTRES ABBAYES BÉNÉDICTINES
Citons Cruas, cette dernière ayant sous sa dépendance les prieurés de Mélas, Vagnas, Vernoux.
Ruoms était sous la dépendance de Cluny.

 

ÉGLISE SAINT-JULIEN-DU-SERRE
Cette magnifique église dépendait du monastère de Saint-Chaffre près du Puy-en-Velay
Hors son superbe portail roman, sa spécificité réside dans ses chapiteaux ornés, l’iconographie est étrange : les thèmes sont aussi bien chrétiens que légendaires.

 

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Détails

Date :
12 mars
Heure :
13:30 à 18:00
Catégorie d’Évènement:

Lieu

Place de la Poste à Ruoms
Place de la Poste
Ruoms, 07120 France
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