Sortie à Salavas

Vendredi 16 octobre 2015

 

Sortie à Salavas sur le thème Les protestants en Ardèche.

Ce matin-là, nous nous étions donné rendez-vous sur la place centrale du village de Salavas. Notre groupe d’une quinzaine de personnes est accueilli par Françoise Ageron de l’association Les Amis de l’histoire de la région de Vallon. À pied, nous prenons la route qui mène vers la Tour de Salavas, sentinelle avancée sur la rivière Ardèche de l’ancien château médiéval de Salavas. Nous n’allons pas jusque-là mais obliquons vers la Costette et remontons l’ancienne voie romaine d’Antonin le Pieux (présence de bornes milliaires) pour gagner les ruines des deux anciennes églises de la Gleizasse  dédiées à saint Julien et à saint Jean et construites côte à côte au début du Ve siècle. Elles furent détruites par les protestants en 1562. Elles étaient entourées d’un cimetière utilisé jusqu’au début du XIXe siècle.  Les ruines de la Gleizasse ont été dégagées par Robert Helmling, le docteur Maurice Laforgue et leur équipe de 1978 à 1988. Le site a été inscrit à l‘inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 1981.

Ensuite nous gagnons le château médiéval en traversant le vieux village. Sur le trajet, Françoise Ageron nous signale la présence de tombes protestantes familiales repérables à leur enclos et à la présence de cyprès, toujours utilisées depuis la révocation de l’édit de Nantes en 1685. Nous faisons un arrêt au temple protestant puis à la curieuse église de Salavas construite en 1873 et qui ne possède pas de clocher, la cloche étant érigée à proximité à même le sol. Parvenus au château, nous pénétrons dans un petit musée lapidaire installé en-dessous et où ont été rassemblés des sarcophages et pierres tombales provenant de la Gleizasse. Entre autres objets exposés, on peut voir la ferrure d’un bourdon et une coquille Saint-Jacques trouvées avec les restes d’un pèlerin de Saint-Jacques de Compostelle.

Cette première partie du programme effectuée, nous regagnons les voitures pour nous rendre au pied au Pont d’Arc. Le repas sorti des sacs pris, nous repartons en voiture direction Vallon et nous nous arrêtons à la grotte des Huguenots. Après avoir gravi un escalier en maçonnerie aménagé dans les années 1960, nous nous regroupons à l’entrée du vaste porche ogival haut de près de 40 mètres, essayant d’évaluer la profondeur à travers la grille qui nous en interdit l’accès. Le nom qui lui a été donné vers 1890 évoque le rassemblement de huguenots dans les temps où ils étaient persécutés, mais aucun document ne permet de l’affirmer avec certitude. Par contre, des fouilles  ont permis de trouver des traces d’occupations préhistoriques (se reporter à la revue Rencontres avec le passé – juillet 2002 – des Amis de l’histoire de la région de Vallon).

Reprenant la route une nouvelle fois, nous nous dirigeons vers Lagorce. Au quartier de Gourguet, nous nous arrêtons un instant devant une très ancienne bâtisse qui a été occupée par des diaconesses et nous apercevons un autre cimetière privé protestant, puis nous suivons la vallée de l’Ibie, jusque peu avant le hameau des Salelles. Descendus prudemment au bord de la rivière, nous devinons sur l’autre rive au pied de hautes falaises calcaires et à quelques mètres au-dessus de la rivière l’entrée d’une grotte, dite Ron Baratu, cachée par un chêne. Selon la tradition, il s’y est tenu des assemblées du désert pendant les persécutions. D’autres grottes de Lagorce ont eu le même usage.

La grotte du Ron Baratu dans la vallée de l’Ibie

 

Nous repartons à Vallon mais renonçons à visiter le vieux village du Chastelas, étant donné l’heure avancée de cette fin d’après-midi. Nous envisageons une seconde sortie sur le thème des protestants au printemps, plus axée sur la région de Lagorce.

 

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