Visite de l’aqueduc d’Uzès au Pont-du-Gard

24 septembre 2015

Ce matin-là, nous étions une trentaine de personnes réunies au lieu-dit la Fontaine d’Eure près d’Uzès. Là, nous attendait Monsieur André Tourel, notre guide qui devait nous faire découvrir les vestiges de l’aqueduc. Si le Pont du Gard est connu dans le monde entier comme étant un chef-d’œuvre du monde antique, on en connait moins les autres vestiges. Aussi étions-nous impatients de suivre Monsieur Tourel qui a fait des recherches sur cette réalisation romaine.

 

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L’aqueduc a été construit quelques années après notre ère par les Romains afin d’assurer une alimentation régulière en eau à la ville de Nîmes. À la recherche d’une source, leur choix s’est porté sur la Fontaine d’Eure près d’Uzès à une vingtaine de kilomètres de Nîmes à vol d’oiseau.

La longueur de l’aqueduc, 50 kilomètres, a été imposée par le relief de la région traversée, ce qui a nécessité de faire décrire au canal de nombreux détours, ceci afin d’éviter la construction d’ouvrages importants, à l’exception du Pont-du-Gard sur la rivière le Gardon. L’exploit est d’avoir su conserver sur cette distance une pente régulière, la différence d’altitude depuis le départ jusqu’à l’arrivée n’étant que de 12 mètres !

Avec les moyens dont disposaient les ingénieurs de l’époque, c’est une incroyable prouesse technique qui a été réalisée, ce que nous a expliqué André Tourel avec beaucoup de compétence pendant notre visite. En différents endroits, suivant notre guide le long de petites routes et des chemins, nous avons vu les vestiges du canal construit avec un souci d’étanchéité, de section rectangulaire, en moellons avec des parois épaisses de 40 centimètres et sur un radier de la même épaisseur. Lorsque le niveau du terrain était trop élevé, le canal a dû être enterré parfois jusqu’à 5 mètres de profondeur et pourvu de place en place de regards de forme rectangulaire. Des ponts ont permis de franchir les cours d’eau comme à Bornègre. En certains endroits, des tunnels ont été percés dans le rocher.
Avec André Tourel, nous avons pu voir des exemples de ces aménagements. Pour assurer l’étanchéité du canal, les parois étaient revêtues intérieurement d’un enduit en béton de tuileaux pilés avec sable et chaux puis d’une couche de peinture rouge dont le naturaliste romain Pline l’Ancien donne la composition : de la chaux, de la graisse de porc, de la figue.

À midi, après nous être garés sur un terre-plein près de la D227 menant à Vers, nous avons suivi un sentier de randonnée agréablement ombragé et observé un très long mur construit en arcades et supportant le canal. Bien que très dégradé, ce monument reste impressionnant. Enfin, après une heure de marche, parvenu au faîte de la rive gauche du Gardon, le Pont du Gard nous est apparu, ensoleillé, dans toute sa splendeur : 275 mètres de long à sa partie supérieure, 48 mètres de haut, 3 étages d’arcades avec aux 2 étages inférieurs des ouvertures de presque 25 mètres, celle des arceaux du 3ème étage étant d’un peu moins de 5 mètres, avec un tracé légèrement en courbe qui ajoute encore à sa beauté et à sa légèreté. Il est construit en calcaire coquillier provenant d’une carrière proche.

Après le repas sorti des sacs, nous l’avons traversé par le passage du 1er étage, et suivant André Tourel, nous sommes montés au niveau du dernier étage côté sud où nous avons découvert un tunnel creusé dans les années 1860 dans le prolongement de l’aqueduc dans le cadre d’un projet de dérivation des eaux du Rhône depuis le Pouzin (!) pour alimenter la ville de Nîmes. Heureusement, ce projet absurde fut abandonné après quelques années d’études.
Au terme de cette belle journée pendant laquelle nous avons beaucoup appris sur l’aqueduc, nous avons pris le chemin du retour en nous promettant de visiter la partie aval avec André Tourel.

 

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